Ce plaidoyer commun, rédigé en 2024 par l'OFDIG et l'AUF, contribue à une démarche stratégique visant à mettre en lumière l’état des données sur l'égalité femmes-hommes (EFH) et le développement inclusif par le genre (DIG) au sein de la Francophonie. L’importance des données fiables est un enjeu crucial dont l’OFDIG se préoccupe depuis sa création. En ce sens, l'observatoire souhaite sensibiliser les politiques publiques et se positionner comme un acteur-clé pour favoriser la concertation entre les protagonistes du milieu et influencer les instances décisionnelles afin de favoriser les actions en faveur de l’EFH. Ainsi, pour une meilleure efficacité d’action, l’OFDIG et l’AUF concentrent leurs efforts sur l’atteinte de l’égalité femmes-hommes et la progression du pouvoir d’agir des femmes et des filles dans trois secteurs cruciaux du développement inclusif par le genre (DIG) : les milieux économiques, les systèmes éducatifs et le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Découvrez ici le plaidoyer intitulé Des données fiables et accessibles pour une capacité d’action renforcée en faveur de l’égalité femmes-hommes dans la Francophonie. Plaidoyer commun. Ce cahier collectif a été réalisé sous la direction de Zora Ait El Machkouri, Marie Langevin, Bénédicte Decaux et Caterine Bourassa-Dansereau.
Extrait du plaidoyer: « Au niveau international, il existe actuellement un manque de données qui permettraient, par exemple, aux gouvernements d’élaborer des politiques et des programmes sensibles au genre, selon l’OCDE et ONU Femmes, afin d’agir sur ces problématiques. En effet, l’intégration de la dimension de genre dans le développement inclusif permet davantage d’aller à la source et aux effets des inégalités entre les femmes et les hommes (FH), pour les modifier plus durablement et profondément. Or, au sein de la Francophonie, un portrait complet et fiable des données sur les inégalités de genre est inexistant. L’Observatoire francophone pour le développement inclusif par le genre (OFDIG) et l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) veulent ainsi pallier ce déficit de connaissances, notamment en favorisant la mise en commun des données issues des États faisant partie de l’espace francophone. Ces données sont cruciales pour permettre aux acteur·rices publics et publiques, privé·es et de la société civile de poursuivre leurs actions en faveur des femmes et des filles, autant en matière de politiques publiques, de mesures de protection et d’intégration du genre dans l’ensemble des activités de leurs organisations. Sans données fiables, il est impossible de brosser un portrait terrain des régions de la Francophonie, de mesurer, le cas échéant, l’impact réel des programmes visant l’autonomisation effective des femmes et des filles et, de façon plus générale, sur le développement durable et inclusif dans le monde. Cela nous place aussi devant le danger d’une inclusion qui serait pilotée par le haut sans tenir compte des réalités locales, faute de données probantes sur les inégalités femmes-hommes à l’échelle méso-locale. D’ailleurs, outre promulguer des lois en faveur de l’égalité, transformer les normes sociales discriminatoires à l’égard des femmes et des filles, l’une des conclusions et recommandations du Rapport mondial 2023 sur l’indice Institutions sociales et égalité des genres (SIGI) : l’égalité des genres en temps de crise de l’OCDE est sans équivoque : il faut favoriser "une meilleure collecte de données pertinentes pour le genre et d’indicateurs ventilés par sexe et intersectionnels ". Ce constat nous amène ainsi à porter ce plaidoyer pour une meilleure accessibilité et davantage de visibilité des données sur les inégalités femmes-hommes au sein de notre espace commun d’engagement, à savoir la Francophonie. Cet espace englobe des réalités de terrains distinctes et hétérogènes, ce qui renforce encore davantage la nécessité de documenter de façon précise la situation des femmes et des filles, dans ces contextes.»
